Notre lettre 1182 publiée le 4 avril 2025
POURQUOI L'ABUSEUR RUPNIK
ET SON "ART"
SÉVISSENT-ILS TOUJOURS ?
UNE FOIS ENCORE
"FAITES CE QUE JE DIS
ET PAS CE QUE JE FAIS"
Le P. Marko Rupnik, ex-jésuite, slovène, artiste mosaïste discutable – un néo-sulpicianisme à l’heure des BD –, auteur d'abus sur une vingtaine de femmes, des religieuses et des membres de sa communauté nouvelle qui travaillaient avec lui sur les mosaïques, est toujours actif et à priori sans limitation de ministère.
Le Pape François en 2019 aux victimes
« Vous êtes la lumière du monde », mais…
En 2019 pourtant dans le motu proprio Vos estis lux mundi, le pape François demandait aux diocèses d'écouter les victimes et de lutter contre les abus ; il durcissait aussi les sanctions canoniques contre ceux faits aux mineurs :
« Les crimes d’abus sexuel offensent Notre Seigneur, causent des dommages physiques, psychologiques et spirituels aux victimes et portent atteinte à la communauté des fidèles. Pour que ces phénomènes, sous toutes leurs formes, ne se reproduisent plus, il faut une conversion continue et profonde des cœurs, attestée par des actions concrètes et efficaces qui impliquent chacun dans l’Église, si bien que la sainteté personnelle et l’engagement moral puissent contribuer à promouvoir la pleine crédibilité de l’annonce évangélique et l’efficacité de la mission de l’Église ».
Le Pape François impose de signaler les abus et protégé les auteurs : « chaque fois qu’un clerc ou qu’un membre d’un Institut de vie consacrée ou d’une Société de vie apostolique a connaissance d’une information sur des faits visés à l’article 1, ou des raisons fondées de penser qu’a été commis l’un de ces faits, il a l’obligation de le signaler sans délai à l’Ordinaire du lieu où se seraient produits les faits […] Aucune personne qui effectue un signalement ne peut se voir imposer une contrainte au silence sur le contenu de celui-ci ».
Quant aux victimes, majeures ou mineurs, elles devaient être écoutées et accompagnées : « les Autorités ecclésiastiques s’engagent en faveur de ceux qui affirment avoir été offensés, afin qu’ils soient traités ainsi que leurs familles, avec dignité et respect. Elles leur offrent, en particulier : un accueil, une écoute et un accompagnement, également à travers des services spécifiques ; une assistance spirituelle ; une assistance médicale, thérapeutique et psychologique, selon le cas spécifique. L’image et la sphère privée des personnes concernées, ainsi que la confidentialité des données personnelles, doivent être protégées ».
Force est de constater cinq ans après que ces normes censées s'appliquer à toute l'Église sont restées lettre morte dans bien des endroits – même en Europe, des diocèses ou des congrégations protègent des auteurs d'abus, tandis qu'au Burundi une secrétaire dans un lycée du diocèse de Gitega qui a mis en cause dans une réunion publique le prêtre directeur en janvier 2023 suite à des violences sexuelles sur des mineurs s'est retrouvée en prison. Le 18 octobre dernier la Croix indiquait que bien qu'acquittée en juillet, elle croupissait toujours en détention. Quant à l'évêque, il a nommé pour enquêter sur les faits dénoncés trois prêtres qui ont terminé leur enquête en une journée, après quoi l'évêque en a prononcé la clôture sans enquêter plus avant.
Marko Rupnik et ses compagnons
sous la protection du cardinal De Donatis
La Nuova Bussola Quotidiana, le 3 mars dernier, avait enquêté sur un couvent occupé par les ex-jésuites du centre Aletti – la communauté où Marko Rupnik vit et crée ses mosaïques. Trop visibles à Rome, ils l'ont quittée pour un couvent des Bénédictines de Priscilla à Montefiolo, où l'ancien vicaire du Pape pour Rome, le cardinal De Donatis, s'est aménagé un appartement. Les religieuses quant à elles ont dû quitter les lieux pour San Felice Circeo.
Le 27 février, les journalistes de La Nuova Bussola sont allés à Montefiolo : « un endroit en hauteur où le seul bâtiment est l'ancien et majestueux couvent qui appartenait à l'origine aux frères capucins et qui, après être tombé dans un état misérable, a été acheté et restauré en 1935 par Monseigneur. Jules Belvédère. Le secrétaire de l'Institut pontifical d'archéologie chrétienne de l'époque ouvrit le monastère à un groupe de femmes qui désiraient vivre la vie religieuse et qui, en 1936, se constituèrent comme bénédictines régulières oblates de Priscille, entrant plus tard dans la Confédération bénédictine. Mais maintenant, à travers un complot obscur, il passe entre les mains d'un petit groupe d'anciens jésuites, favorisés par la position du couvent qui, entouré d'un haut mur et d'une forêt qui le sépare de la route principale, en fait une excellente résidence pour ceux qui veulent vivre dans le secret ».
Alors qu'on refuse de leur ouvrir, ils attendent, et voient finalement apparaître un prêtre. « Un autre homme apparaît : cette fois il se présente : « Je suis prêtre, je m'appelle Milan. » Et c'est précisément Don Milan Žust, qui fut pendant des années supérieur du Père Rupnik dans la communauté jésuite du Centre Aletti, et de 2018 à 2021 membre du Délégué du Supérieur général pour les maisons et œuvres interprovinciales de Rome ».
En réalité, Montefiolo était déjà utilisée en partie par les jésuites du centre Aletti, « qui, dans une grande aile de l'énorme bâtiment, appelée la « Maison de la Résurrection », organisaient des cours d'exercices spirituels ».
« Mais – et c’est là que vient le meilleur – celui qui a manœuvré, même pas trop loin dans les coulisses, le changement a été géré par le cardinal Angelo De Donatis, ancien vicaire général de Sa Sainteté pour le diocèse de Rome et maintenant grand pénitencier. Ce n'est un secret pour personne que le cardinal est le grand protecteur de Rupnik et qu'à l'époque , il a rejeté comme calomnie les accusations nombreuses et détaillées qui ont émergé contre l'ancien jésuite slovène et est même allé jusqu'à publier une note ridicule louant la réalité irréprochable du Centre Aletti, alors que les victimes de Rupnik demandaient vérité et justice.
De Donatis est chez lui à Montefiolo, où il s'est construit une maison à deux étages sur la propriété des religieuses (« un bel appartement », nous disent ceux qui l'ont vu en ville), en récupérant et en réparant une structure que les religieuses utilisaient pour garer leurs véhicules. Et puis, dans la ville voisine de Poggio Catino, le cardinal possède également une ancienne ferme avec piscine, où il aurait hébergé Rupnik [et ses proches], en attendant de les présenter à Montefiolo ».
Les religieuses, elles, voient leurs propriétés annexées et gérées par le cardinal De Donatis : « les pauvres religieuses ne semblent pas aller bien, elles sont pratiquement otages du cardinal De Donatis et du groupe de Rupnik, et on les empêche d'ouvrir le couvent aux étrangers. En cherchant plus d'informations dans la ville de Casperia, nous apprenons qu'en fait les religieuses, autrefois très présentes dans la ville et également connues pour la qualité de leurs broderies, ont disparu depuis un certain temps et on ne sait plus rien d'elles. [Là, les journalistes de La Nuova Bussola essaient d'acheter le miel que font les religieuses encore présentes sur place] « Ce n’est pas possible », répond la religieuse d’un ton effrayé, « ils ne veulent pas qu’on ouvre. » « Ils ne veulent pas ? Qui ne veut pas ? - nous continuons, en jouant avec nos cartes sur table à ce stade -. Le cardinal De Donatis ? Don Rupnik ? À ce moment-là, la religieuse est terrifiée : « Je ne sais rien, maintenant je dois aller à la messe. »
Quant à Rupnik et ses proches, ils ont commencé à dénaturer l'église du couvent, en la couvrant de leurs œuvres, et ce bien qu'elle soit classée : « une maison protégée par les Beaux-Arts, qu'ils dénaturent complètement. Il y a l'église, qui a aussi un accès extérieur, qu'ils peignent autant qu'ils peuvent. Et puis, dans la partie ancienne du monastère, un ancien ermitage où San Felice da Cantalice a vécu en ermite : là aussi on fait des peintures", nous explique un informateur. Il poursuit « Pendant des années, rien n’a pu être fait, car il fallait des autorisations ; Maintenant, en peu de temps, ils ont érigé un mur là où se trouvaient les deux marches menant à l'autel et ils l'ont peint à fresque ».
La Nuova Bussola conclut : « le cardinal De Donatis est à l'origine de la nouvelle installation de Rupnik et de ses compagnons dans une propriété qui n'est pas à eux, mais dans laquelle il a fait une demeure et qu'il gère comme si c'était la sienne. Comme il ne pouvait pas lui-même incardiner Rupnik dans le diocèse de Rome, qui était définitivement trop sous les projecteurs après le scandale médiatique, il chercha et se trouva en Mgr. Jurij Bizjak (remplacé par Peter Štumpf le 1er février), évêque disposé à procéder à une incardination purement formelle, puis à laisser Rupnik libre de former une nouvelle communauté et de poursuivre ses activités artistiques. De Donatis n'avait aucune objection à ce que Rupnik, après tout ce qui était apparu, soit à nouveau en contact direct avec les religieuses ».
Pour le cardinal Fernandez,
rien ne presse pour le procès canonique de Marko Rupnik
La Nuova Bussola était déjà revenue sur les propos du cardinal Fernandez, en janvier dernier, quant au procès canonique de Marko Rupnik. Pour résumé, et sous prétexte qu'il y a bien d'autres cas d'abus spirituels, pour le cardinal Fernandez rien ne presse :
« En réalité, je pense à beaucoup d’autres cas, et certains peut-être plus graves mais moins médiatisés », répond Fernández à l’intervieweur qui lui demande s’il « y a urgence à résoudre, par exemple, le cas Rupnik, qui est en retard ». Et il ajoute : « Nous ne pouvons pas penser à une nouvelle loi juste pour un cas, car cela limiterait la vision et porterait atteinte à l’objectivité du travail ».
Actuellement, explique-t-il, « le Dicastère a conclu la phase de collecte d’informations qui a eu lieu dans des lieux très différents, et a réalisé une première analyse ». Nous travaillons déjà à la création d’un tribunal indépendant qui passera à l’étape finale par le biais d’une procédure pénale. Dans des cas comme celui-ci, il est important de trouver les personnes les plus adaptées et qu'elles l'acceptent ».
Le cardinal Fernandez était beaucoup plus pressé quand il a publié un texte sur les bénédictions des unions homosexuelles, Fiducia supplicans, qui s'est avéré si hâtif, si bâclé et si contraire au magistère qu'il a été rejeté plus ou moins expressément par bien des épiscopats, et notamment ceux d'Afrique. Mais évidemment, il ne s'agissait pas de mettre en cause un jésuite proche du pape François.
Qui était le Cardinal De Donatis,
proche pendant un temps du Pape François ?
Né en 1954 à Casarano en Italie, le cardinal De Donatis n'est aujourd'hui pas le dernier personnage de l'Église, mais était inconnu jusqu'en 2013. Originaire du sud de la province de Lecce dans les Pouilles, il illustre à merveille le type du bon exécutant, ecclésiastique ou non, du sud de l'Italie, qui a su se faire une place plus au nord et est prêt à tout pour monter.
Il a étudié au séminaire de Tarente puis au Grand Séminaire pontifical romain, complétant ses études philosophiques à l'Université pontificale du Latran et ses études théologiques à l'Université pontificale grégorienne, où il a obtenu une licence en théologie morale. Ordonné prêtre en 1980 pour le diocèse de Nardò-Gallipoli et en 1983 a été incardiné dans le diocèse de Rome. Il a occupé diverses fonctions administratives : clerc, archiviste, directeur du bureau du clergé, ainsi que directeur spirituel au séminaire romain et professeur de religion. En 1989, il est admis à l'Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem avec le grade de Chevalier.
Comme l'écrit College of Cardinals, la vie de ce fonctionnaire ecclésiastique plutôt mineur bascule en 2013 : « De Donatis était relativement inconnu jusqu'en 2013, année où il aurait été parmi les sept prêtres romains choisis par l'archevêque Giovanni Angelo Becciu pour dîner avec le pape François deux semaines après son élection. Bien qu'il n'ait rencontré De Donatis qu'à cette occasion, François l'a choisi pour prêcher les méditations du Carême 2014 pour les Exercices spirituels de la Curie romaine. Pendant cinquante ans, cette mission n'avait été confiée qu'à un cardinal ou à un théologien de renom.
En septembre 2015, le pape François le nomme évêque auxiliaire de Rome où il est chargé de la formation du clergé Après seulement deux ans comme évêque, François nomme De Donatis vicaire général de Rome et archiprêtre de l'archibasilique Saint-Jean-de-Latran. Cette nomination est marquante, car De Donatis devient la première personne depuis le XVIe siècle à être nommée vicaire général sans être cardinal. Le pape François l'a élevé au Collège des cardinaux en 2018.
En avril 2024, le cardinal De Donatis a été nommé pénitencier majeur, à la tête de la Pénitencerie apostolique, un tribunal du Vatican connu sous le nom de « tribunal de la Miséricorde ». Ce tribunal traite les cas d'excommunication et de péché grave, pour lesquels l'absolution est réservée au Saint-Siège, et a le droit d'accorder des indulgences ».
En fait, s’il a été nommé Grand Pénitencier en 2024, c’était pour l’écarter du Vicariat de Rome, une semi-disgrâce. Ceci dit, il a soutenu le Pape en tout – il a été covidiot en 2020, allant jusqu'à fermer les églises de Rome, a audité les finances du diocèse de Rome en 2021 sans en publier les résultats, la même année s'est attaqué aux fidèles de la messe tridentine à Rome, en 2024 a défendu Fiducia supplicans... Et comme d'autres proches du Pape (Roche, Mc Elroy, Hollerich, Grech etc.) Il est allé tordre le Magistère pour justifier ses errances, affirmant par exemple que fermer les églises de Rome pendant la pandémie du Covid n'était pas motivé par « une peur irrationnelle ou, pire, un pragmatisme dénué d'espoir évangélique, mais par obéissance à la volonté de Dieu ».
Résumons. Le cardinal De Donatis est inconnu en 2013, présenté par le cardinal Becciu au pape François (Becciu qui sera ensuite violemment écarté, comme on sait), évêque auxiliaire de Rome deux ans plus tard, vicaire général sans être cardinal quatre ans plus tard, cardinal en 2018 et chargé de la distribution des indulgences pour les péchés les plus graves (graviora) et les cas d'excommunication onze ans plus tard...
Pas de limitation de ministère
ou d'activité pour Marko Rupnik
Marko Rupnik a brisé des dizaines de vies, mais une de ses œuvres est dans l'appartement du Pape François
Pourtant, les victimes du pape François ne lâchent pas l'affaire, et des médias italiens ont pris leur défense. La journaliste italienne Roberta Rei a intercepté Marko Rupnik à l'aéroport de Rome début mars, mais il a refusé de répondre à ses questions. Cependant pour la première fois trois de ses victimes, dont une française, ont témoigné dans une émission très suivie sur la télévision publique italienne.
Comme l'écrit Catholic Rewiew, « le 9 mars, des victimes présumées du père Rupnik ont donné une interview à « Le Iene », une émission d’enquête italienne populaire de Roberta Rei et Marco Occhipinti, diffusée aux heures de grande écoute sur Italia 1. Gloria Branciani, Mirjam Kovac et Sœur Samuelle ont répété un récit donné à Domani en décembre 2022 concernant des violences sexuelles et spirituelles présumées.
« J'ai subi plusieurs abus psychologiques, à connotation sexuelle, de la part de Marko Rupnik », a déclaré Sœur Samuelle, artiste mosaïste. « Si, il y a 30 ans, l'Église avait écouté Gloria et les autres, 25 ans plus tard, mon histoire n'existerait plus. » Dans l'émission télévisée, les femmes ont confirmé leur témoignage antérieur, dans lequel elles ont déclaré que le père Rupnik aurait justifié les actes sur des bases théologiques, allant jusqu'à proposer une relation sexuelle à trois ».
On peut évidemment regretter que des témoignages soient donnés à la télévision et non au tribunal ecclésiastique compétent pour juger de leur véracité, mais tout fonctionne comme cela aujourd’hui. L'évêque de Koper en Slovénie, Mgr Bizjak, qui vient de quitter ses fonctions et avait incardiné Marko Rupnik dans son diocèse après qu'il soit devenu trop sulfureux, même pour les jésuites, a lui aussi répondu à des médias italiens sur le sujet. Il révèle que Marko Rupnik n'est pas limité dans son ministère et continue à voyager dans le monde entier pour vendre et réaliser ses œuvres : « dans une interview accordée à OSV News et aux auteurs du podcast italien « La Confessione » (« La Confession ») et « La Scomunica », l'évêque Jurij Bizjak, qui a pris sa retraite le 29 novembre 2024 du diocèse de Koper, a déclaré le 31 janvier que le père Rupnik, qu'il connaît personnellement, « continue son travail partout dans le monde », y compris ses récents voyages au Brésil et en Chine.
Lorsqu'on demanda à Mgr Bizjak pourquoi il avait décidé d'incardiner le jésuite disgracié dans le diocèse – malgré son expulsion de la Compagnie de Jésus et les informations obtenues sur le prêtre auprès de cet ordre –, il répondit que le père Rupnik l'avait d'abord sollicité parce qu’il était né dans ce diocèse et qu'ils avaient une relation personnelle, étant nés dans des paroisses voisines. « Tu es mon prochain », lui aurait dit Mgr Bizjak.
S'exprimant sur les accusations portées contre le Père Rupnik, Mgr Bizjak a ajouté que même si « l'abus spirituel est un terme très spécial et très sensible », il a pris la décision d'incardiner le Père Rupnik dans le diocèse « librement ». Mgr Bizjak a déclaré qu'il n'avait « aucune condamnation qui pouvait empêcher cela », seulement des « soupçons », et qu'il avait « tout fait en consensus avec le Saint-Siège », a-t-il dit, ajoutant « il faut attendre le jugement ». « Maintenant, attendons ce qui va se passer, mais je pense personnellement que cette fois, c'est un peu trop long à attendre", a-t-il déclaré .
Une œuvre de Marko Rupnik dans l'appartement du pape,
et d’autres dans la chapelle de la nonciature à Paris
Du reste, c'est Vatican News qui a rendu public ce fait : le 22 janvier, alors qu'il appelle sur son portable la paroisse de Gaza, on voit une œuvre de Marko Rupnik, une petite mosaïque reconnaissable à la ténêbre de ses yeux où nulle lumière ne luit, sur le mur de l'appartement du Pape François.
C’est tout à fait dans le style de François, genre : « Je vous embête à tous ! » Mais ça fait quand même désordre. D’autant que l’évêque de Tarbes et Lourdes, Mgr Micas, après bien des hésitations, a pris pour sa part la décision de faire recouvrir les deux portes latérales de la basilique du Rosaire avec les mosaïques de Marko Rupnik de panneaux en aluminium. Et il a annoncé que dans quelques jours les mosaïques des deux grandes portes centrales seront également recouvertes. Il restera faire recouvrir les autres œuvres de Rupnik dans la basilique de Lourdes.
Mais au fait, le nonce à Paris conserve toujours les œuvres de Rupnik dans sa chapelle, avenue du Président Wilson. Elles avaient été commandées jadis par le nonce Baldelli, homme très pieux mais qui avait un goût détestable. Quand donc le nonce Migliore fera-t-il barbouiller ces horreurs ? L’esthétique y gagnera autant que la morale.