Notre lettre 1391 publiée le 7 July 2026

QU’EST DONC L’ÉTAT DE NÉCESSITE POUR LES FIDÈLES ?


UNE RÉFLEXION DE CHRISTIAN MARQUANT
A L'OCCASION DU 19ÈME ANNIVERSAIRE
DE LA PROMULGATION DU MOTU PROPRIO
SUMMORUM PONTIFICUM

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Il y a un sujet qui est rarement évoqué par les canonistes comme par les théologiens et encore moins par les Pasteurs : les fidèles ont-ils des besoins auxquels l’Église n’aurait pas répondu ?

Il est vrai que pour répondre à cette question il faudrait d’abord se la poser… ce qui n’est pas simple en un monde ecclésiastique si éloigné de la réalité qu’il ignore le plus souvent l’« odeur » de ses fidèles, comme disait le pape François. Mais pourquoi ? Car nous devons admettre que ces clercs ne sont pas des personnes de petite intelligence voire même d’intelligence moyenne ?

La seule réponse qui me vient à l’esprit après plusieurs décennies d’observation est celle du déni assumé. J’entends par déni assumé la position intellectuelle qui s’auto-conforte par la certitude que ces soi-disant fidèles dans le besoin (tradis bien sûr !) n’existent simplement pas...

Certes ces clercs ne sont cependant pas si bêtes et ils sont capables de faire quelques exercices mentaux pour retomber sur leurs pieds… Je connaissais particulièrement bien l’un d’entre eux, Mgr Éric Aumônier, lorsqu’il était évêque de Versailles, devenu maître en cet art. C’est ainsi qu’il pouvait répéter à l’envie : « Bien sûr qu’il existe quelques-uns de ces fidèles qui réclament la messe à l’ancienne, mais ceux ne sont que des manipulateurs, des trotskystes qui par leur agitation de groupuscules veulent nous faire croire qu’ils sont nombreux alors qu’ils ne sont rien : voilà le piège dans lequel il ne nous faut pas tomber ! » Passez votre chemin, il n'y a rien à voir !

Malheureusement cette position intellectuelle s’est répandue comme un feu de poudre dans presque tout le monde ecclésiastique et y constitue maintenant une doxa indiscutable. Elle est aussi et surtout une certitude confortable : puisque ces demandeurs n’existent pas, point besoin de les rencontrer, de leur parler, de dialoguer avec eux, de tenir compte d’eux … Ouf et Deo gratias !

Mais les années passant cette position devient de plus en plus difficile à tenir. Non seulement à la vue des grands rassemblements comme Chartres, qui pour eux serait davantage un exemple de manipulation de la jeunesse par quelques vieux réactionnaires comme le pensent la plupart des évêques français (je me souviens de l’un d’entre eux répétant sans fin devant l’immense colonne de pèlerins : « manipulation ! manipulation ! manipulation… »

Chartres, mais aussi désormais les dizaines de rassemblements similaires qui se déroulent dans toutes les provinces de France… puis en Europe et même dans le monde avec une ampleur croissante, sans parler du pèlerinage international Summorum Pontificum à Rome. En fait, il devient de plus en plus difficile de nier le réel. Mais il reste cependant un ultime recours aux négationnistes du réel : toutes ces personnes manipulées dans de grandes manifestations ne se retrouveraient pas sur le terrain. Elles sont en somme une claque montée de toute pièce, faite d’acteurs manipulés mais pas des fidèles exprimant une demande et des besoins des fidèles face à des nécessités.

Pourtant de nombreux exemples viennent contredire cet ultime déni. Prenons par exemple celui de la demande des fidèles de Saint-Germain en Laye de pouvoir bénéficier d’une liturgie traditionnelle.

Leur histoire est plus qu’exemplaire et commence il y a plus de 35 ans, en 1991, au moment ou un vicaire général de Versailles accusait la communauté de Port-Marly d’accueillir dans son sein (horresco referens !) des catholiques qui viendraient de la paroisse de Saint-Germain en Laye… Ce qui d’ailleurs était absolument authentique.

C’est ainsi que plusieurs de ces fidèles se sont naturellement tournées vers leurs curés de Saint-Germain pour solliciter une célébration traditionnelle dans leur propre paroisse puisqu’il semblait au vicaire général qu’il était anormal qu’il fréquentent une autre paroisse que la leur. Mais le déni est souvent contradictoire car après avoir accusé des Saint-Germinois d’aller à Port-Marly, voici que les curés successifs de Saint-Germain contestèrent la réalité de ces fidèles et donc la légitimité de leur demande.

N'eût-été la persévérance presque surnaturelle de catholiques particulièrement courageux – comment oublier notre ami Bertrand du Boullay qui dans ce combat reçu tant d’insultes et de mépris – les négationnistes eussent pu pouvoir contrôler longtemps la situation (ils allèrent jusqu’à laisser applaudir leur politique d’exclusion une assemblée dominicale).

Mais comme on dit chassez le naturel (et la réalité), il (elle) revient au galop. C’est ainsi qu’en 2018 quelques fidèles décidèrent de venir prier chaque semaine calmement dans l’église de saint-Germain pour faire comprendre qu’ils existaient : la vague math/7/7 » Frappez et l’on vous ouvrira » était lancée.

On n’imagine pas combien ces prières persistantes peuvent avoir d’effet sur le cœur de Dieu, par l’intermédiaire des réactions des ennemis de la paix. Ces simples prières ont provoqué des cris d’orfraie et des hurlement hystériques comme si ces fidèles avaient profané l’église.

La situation en était là lorsqu’éclata la crise du covid. Loin d’interrompre la ténacité des fidèles elle les encouragea à redoubler d’ardeur et, pour la première fois, en juin 2020, fut célébrée une messe traditionnelle devant la chapelle Saint-Louis de l’ancien hôpital de Saint-Germain-en-Laye. Cette messe réunit plus de 150 fidèles et marqua les esprits : il existait donc bien à Saint-Germain des fidèles visibles, tangibles si je puis dire, qui désiraient vivre leur foi catholique au rythme de la liturgie traditionnelle.

Ainsi commencèrent ces célébrations de messes « sauvages » qui, chaque dimanche et fêtes, été comme hiver, soleil ou pluie, réunissaient une moyenne de 100 fidèles (assurant une quête de 250€ par célébration, chose importante à faire savoir aux chargés du culte).

Je ne raconterai pas ici tous les coups bas qui furent tenté pour mettre fin à cette extraordinaire situation, car en fait ils ne servirent à rien. Les fidèles sont d’ailleurs reconnaissants vis-à-vis des autorités préfectorales, municipales, policières, sollicités par nos pasteurs, d’avoir gardé calme et sérénité et de n’être jamais intervenu dans une affaire strictement inter-catholique, qui ne troublait en rien l’ordre public.

La suite est miraculeuse et exemplaire. En février 2023, ce qui était considéré comme impossible jusqu’alors, devint partiellement possible : Mgr Crepy, le nouvel évêque de Versailles accordait enfin l’instauration d’une messe traditionnelle dans la chapelle des Franciscaines de Saint-Germain, malgré les termes de l’ahurissant motu proprio Traditionis Custodes qui dans son autisme continuait à croire que les fidèles n’existaient pas et donc qu’ils n’avaient pas de besoins

Le miracle fut que dans une paroisse, où le clergé affirmait avec force depuis plus de 30 ans que les demandeurs n’existaient pas, se constitua une communauté qui réunit en moyenne 150 fidèles.

Providentiel fut que certains fidèles de la première heure n’acceptèrent pas une solution qu’ils jugeaient instable et préférèrent continuer à assister la messe à l’extérieur devant la chapelle de l’hôpital jusqu’à l’instauration d’un accord complet, clair et loyal continuant à réunir hiver comme été une communauté moyenne de 35 fidèles (avec une quête moyenne de 135€ ) ...

Mais l’histoire ne s’arrête pas là, et comme par des voies détournées le dialogue qui n’avait jamais pu s’instaurer complètement et loyalement se mit d’un seul coup en place et par la grâce du Seigneur. Les fidèles « hors-les-murs », le curé de Saint-Germain et le vicaire général du diocèse trouvèrent un terrain d’entente sommes toute assez simple : garantir la messe toute l’année (été compris), assurer le « petites fêtes » et permettre les baptêmes et les funérailles.

Depuis ce jour-là les deux communautés amis ont fusionnés, l'horaire de la messe est passé de 11h30 à 10h30, un horaire plus familial, et ce sont désormais en moyenne plus de 200 fidèles qui prient dans la paix et la communion chaque dimanche dans la chapelle des Franciscaines

Mis diront certains le cas de saint-Germain est exceptionnel.

Ils auraient tort, car en 2007, lorsque fut publié par Benoit XVI le motu proprio Summorum Pontificum, dont nous fêtons aujourd’hui le 19ème anniversaire, ce furent plus de 700 groupes de demandeurs qui se révélèrent en France ; bien qu’à ce jour seulement une centaine d’entre eux ont été entendus les autres trouvant closes les portes de l’amour, de la charité et du dialogue.

Mais, diront les plus opposés à la paix, tout cela n’est que paroles. Nous leur répondrons : depuis 1976 ont été menés en France plus de 30 sondages auprès des personnes qui se considèrent comme catholiques pour essayer de connaître quelles pouvaient être leurs attentes liturgiques dans l’Église catholique d’aujourd’hui. Les résultats donnent des réponses étonnamment constantes :

- 30% des fidèles désirent vivre leur foi catholique dans leur paroisse au rythme de la liturgie traditionnelle.

- 60 %, que nous nommerons les catholiques de bon-accueil, ne voient aucune objection à la demande des précédents.

- Et seulement 10%, les survivants ou descendants de ceux qui nous ont chassé de nos paroisses dans les années 60, s’y opposent…

Alors oui, il est clair que les fidèles ont des attentes et que pour eux il y a urgence et NÉCESSITÉ à ce que l’Église les entende et les aime.


 

WHAT, THEN, IS THE STATE OF NECESSITY FOR THE FAITHFUL?


A REFLECTION BY CHRISTIAN MARQUANT

ON THE OCCASION OF THE 19TH ANNIVERSARY

OF THE PROMULGATION OF THE MOTU PROPRIO

SUMMORUM PONTIFICUM


This translation was generated using artificial intelligence based on the original French version attached to this document. Please let us know if you find any errors.

There is a topic that is rarely discussed by canonists or theologians, and even less so by pastors: Do the faithful have needs that the Church has failed to address?

It is true that to answer this question, we would first have to ask it… which is no easy task in an ecclesiastical world so far removed from reality that it most often ignores the “smell” of its faithful, as Pope Francis put it. But why? Must we admit that these clergy are not people of limited intelligence—or even of average intelligence?

The only answer that comes to mind after several decades of observation is that of willful denial. By “willful denial,I mean the intellectual stance that reinforces itself with the certainty that these so-called faithful in need (traditionalists, of course!) simply do not exist…

Admittedly, however, these clergymen are not that foolish, and they are capable of performing a few mental exercises to land on their feet… I knew one of them particularly well, Bishop Éric Aumônier, when he was bishop of Versailles; he had become a master of this art. That’s why he could repeat ad nauseam: “Of course there are a few of these faithful who demand the traditional Mass, but they’re nothing but manipulators, Trotskyists who, through their agitation in small factions, want us to believe they’re numerous when in fact they’re nothing: that’s the trap we must not fall into.” Move along, there’s nothing to see here!

Unfortunately, this intellectual stance has spread like wildfire throughout nearly the entire ecclesiastical world and has now become an indisputable orthodoxy there. It is also—and above all—a comfortable certainty: since these seekers do not exist, there is no need to meet them, speak to them, engage in dialogue with them, or take them into account… Phew, and Deo gratias!

But as the years go by, this stance is becoming increasingly difficult to maintain. Not only in light of large gatherings like the one in Chartres—which, to them, is more an example of the manipulation of youth by a few old reactionaries, as most French bishops believe (I recall one of them repeating endlessly before the immense column of pilgrims: “manipulation! manipulation! manipulation…

Chartres, but also now the dozens of similar gatherings taking place in every province of France… then across Europe and even around the world on an ever-increasing scale, not to mention the international Summorum Pontificum pilgrimage to Rome. In fact, it’s becoming increasingly difficult to deny reality. But there remains one last recourse for those who deny reality: all these people, manipulated into participating in large demonstrations, would not actually be there on the ground. In short, they are a staged farce, made up of manipulated actors—not the faithful expressing their demands and needs in the face of necessity.

Yet numerous examples contradict this ultimate denial. Take, for example, the request by the faithful of Saint-Germain-en-Laye to be able to participate in a traditional liturgy.

Their story is more than exemplary and began over 35 years ago, in 1991, when a vicar general of Versailles accused the community of Port-Marly of welcoming into its ranks (horresco referens!) Catholics who came from the parish of Saint-Germain-en-Laye… Which, incidentally, was absolutely true.

Consequently, several of these faithful naturally turned to their parish priests in Saint-Germain to request a traditional Mass in their own parish, since it seemed to the vicar general that it was abnormal for them to attend a parish other than their own. But denial is often self-contradictory, for after accusing the parishioners of Saint-Germain of going to Port-Marly, successive parish priests of Saint-Germain then disputed the very existence of these faithful and thus the legitimacy of their request.

Had it not been for the almost supernatural perseverance of particularly courageous Catholics—how can we forget our friend Bertrand du Boullay, who endured so many insults and so much contempt in this struggle—the deniers might have been able to control the situation for a long time. (They even went so far as to let a Sunday congregation applaud their policy of exclusion.)

But as the saying goes, you can’t fight nature (or reality)—it always comes back with a vengeance. And so, in 2018, a few faithful members decided to come and pray quietly every week in the Church of Saint-Germain to make their presence known: the “math/7/7” wave—“Knock, and it will be opened to you”—was launched.

One cannot imagine how much of an effect these persistent prayers can have on God’s heart, as evidenced by the reactions of the enemies of peace. These simple prayers provoked outcries of outrage and hysterical screams, as if these faithful had desecrated the church.

That was the state of affairs when the COVID crisis broke out. Far from dampening the faithful’s tenacity, it encouraged them to redouble their efforts, and for the first time, in June 2020, a traditional Mass was celebrated in front of the Saint-Louis Chapel at the former hospital in Saint-Germain-en-Laye. This Mass brought together more than 150 faithful and left a lasting impression: there were indeed, in Saint-Germain, visible—tangible, if I may say so—faithful who wished to live out their Catholic faith according to the rhythm of the traditional liturgy.

Thus began these “unauthorized” Masses, which, every Sunday and on feast days—summer and winter, rain or shine—drew an average of 100 faithful (generating a collection of 250€ per celebration, a fact worth noting for those in charge of liturgical affairs).

I will not recount here all the underhanded tactics that were attempted to put an end to this extraordinary situation, because in fact they were to no avail. The faithful are, moreover, grateful to the prefectural, municipal, and police authorities—who were approached by our pastors—for maintaining calm and composure and for never intervening in a strictly intra-Catholic matter that in no way disturbed public order.

What followed was miraculous and exemplary. In February 2023, what had been considered impossible until then became partially possible: Bishop Crepy, the new bishop of Versailles, finally granted permission for a traditional Mass to be celebrated in the chapel of the Franciscan Sisters of Saint-Germain, despite the terms of the baffling motu proprio *Traditionis Custodes*, which, in its narrow-mindedness, continued to believe that the faithful did not exist and therefore had no needs.

The miracle was that in a parish where the clergy had been adamantly asserting for over 30 years that those seeking the traditional Mass did not exist, a community formed that brings together an average of 150 faithful.

It was providential that some of the original faithful refused to accept a solution they deemed unstable and preferred to continue attending Mass outdoors in front of the hospital chapel until a comprehensive, clear, and fair agreement was reached—an agreement that continues to bring together, winter and summer alike, an average community of 35 faithful (with an average collection of 135€)...

But the story doesn’t end there, and as if by some roundabout way, the dialogue that had never been able to take hold fully and honestly suddenly fell into place by the grace of the Lord. The faithful “outside the walls,” the pastor of Saint-Germain, and the vicar general of the diocese found a common ground that was, all things considered, quite simple: to guarantee Mass throughout the year (including summer), to celebrate the “minor feasts,” and to allow baptisms and funerals.

Since that day, the two friendly communities have merged; the Mass time has shifted from 11:30 a.m. to 10:30 a.m.—a more family-friendly time—and now, on average, more than 200 faithful pray in peace and communion every Sunday in the Franciscan chapel.

Some might say that the case of Saint-Germain is exceptional.

They would be wrong, for in 2007, when Benedict XVI published the motu proprio *Summorum Pontificum*—the 19th anniversary of which we celebrate today—more than 700 groups of petitioners came forward in France; although to date only about a hundred of them have been heard, while the others have found the doors of love, charity, and dialogue closed to them.

But, as those most opposed to peace will say, all this is just talk. We will respond to them: Since 1976, more than 30 surveys have been conducted in France among people who consider themselves Catholic, in an effort to understand what their liturgical expectations might be within the Catholic Church today. The results show surprisingly consistent patterns:

- 30% of the faithful wish to live out their Catholic faith in their parishes according to the traditional liturgy.
- 60%—whom we will call “welcoming Catholics”—have no objection to the request made by the former group.
- And only 10%—the survivors or descendants of those who drove us out of our parishes in the 1960s—oppose it…

So yes, it is clear that the faithful have expectations and that for them there is an urgency and a NECESSITY for the Church to hear them and love them.

 
 

COS’È QUINDI LO STATO DI NECESSITÀ PER I FEDELI?


UNA RIFLESSIONE DI CHRISTIAN MARQUANT

IN OCCASIONE DEL 19° ANNIVERSARIO

Della promulgazione del motu proprio

SUMMORUM PONTIFICUM


Questa traduzione è stata realizzata con l'ausilio dell'intelligenza artificiale sulla base della versione originale in francese allegata al presente documento. Non esitate a segnalarci eventuali errori che dovreste riscontrare

C’è un argomento che viene raramente affrontato sia dai canonisti che dai teologi e ancor meno dai pastori: i fedeli hanno forse delle esigenze a cui la Chiesa non avrebbe dato risposta?

È vero che per rispondere a questa domanda bisognerebbe prima porsela… cosa non semplice in un mondo ecclesiastico così lontano dalla realtà da ignorare il più delle volte l’«odore» dei propri fedeli, come diceva Papa Francesco. Ma perché? Perché dobbiamo ammettere che questi chierici non sono persone di scarsa intelligenza o addirittura di intelligenza media?

L’unica risposta che mi viene in mente dopo diversi decenni di osservazione è quella della negazione consapevole. Per negazione consapevole intendo quella posizione intellettuale che si auto-rafforza con la certezza che questi cosiddetti fedeli bisognosi (tradizionalisti, ovviamente!) semplicemente non esistano…

Certo, questi ecclesiastici non sono però così stupidi e sono capaci di fare qualche esercizio mentale per rimettersi in piedi… Conoscevo particolarmente bene uno di loro, monsignor Éric Aumônier, quando era vescovo di Versailles, diventato maestro in quest’arte. Era così che poteva ripetere a più non posso: «Certo, esistono alcuni di questi fedeli che reclamano la Messa secondo il rito antico, ma quelli non sono altro che manipolatori, trotskisti che con la loro agitazione di gruppuscoli vogliono farci credere di essere numerosi mentre non sono nulla: ecco la trappola in cui non dobbiamo cadere». Andate per la vostra strada, non c’è niente da vedere!

Purtroppo questa posizione intellettuale si è diffusa a macchia d’olio in quasi tutto il mondo ecclesiastico e vi costituisce ormai una doxa indiscutibile. È anche e soprattutto una comoda certezza: poiché questi richiedenti non esistono, non c’è bisogno di incontrarli, di parlare con loro, di dialogare con loro, di tenerne conto… Uff, e Deo gratias!

Ma con il passare degli anni questa posizione diventa sempre più difficile da sostenere. Non solo alla luce dei grandi raduni come quello di Chartres, che per loro sarebbe piuttosto un esempio di manipolazione dei giovani da parte di alcuni vecchi reazionari, come pensano la maggior parte dei vescovi francesi (ricordo uno di loro che ripeteva all’infinito davanti all’immensa colonna di pellegrini: «manipolazione! manipolazione! manipolazione…»

Chartres, ma anche ormai le decine di raduni simili che si svolgono in tutte le province della Francia… poi in Europa e persino nel mondo con un’ampiezza crescente, per non parlare del pellegrinaggio internazionale Summorum Pontificum a Roma. In effetti, diventa sempre più difficile negare la realtà. Ma ai negazionisti della realtà resta comunque un’ultima risorsa: tutte quelle persone manipolate nelle grandi manifestazioni non si ritroverebbero poi sul campo. Si tratta, in sostanza, di una messinscena orchestrata ad arte, composta da attori manipolati e non da fedeli che esprimono le richieste e le esigenze dei fedeli di fronte a delle necessità.

Eppure numerosi esempi contraddicono questa ultima negazione. Prendiamo ad esempio la richiesta dei fedeli di Saint-Germain-en-Laye di poter beneficiare di una liturgia tradizionale.

La loro storia è più che esemplare e ha inizio oltre 35 anni fa, nel 1991, quando un vicario generale di Versailles accusò la comunità di Port-Marly di accogliere al suo interno (horresco referens!) cattolici provenienti dalla parrocchia di Saint-Germain-en-Laye… Il che, del resto, era assolutamente vero.

Fu così che molte di queste fedeli si rivolsero naturalmente ai loro parroci di Saint-Germain per chiedere una celebrazione tradizionale nella propria parrocchia, poiché al vicario generale sembrava anomalo che frequentassero una parrocchia diversa dalla propria. Ma la negazione è spesso contraddittoria, poiché dopo aver accusato i fedeli di Saint-Germain di recarsi a Port-Marly, ecco che i successivi parroci di Saint-Germain contestarono l’esistenza stessa di questi fedeli e quindi la legittimità della loro richiesta.

Se non fosse stato per la perseveranza quasi soprannaturale di cattolici particolarmente coraggiosi – come dimenticare il nostro amico Bertrand du Boullay che in questa lotta ha ricevuto tanti insulti e tanto disprezzo – i negazionisti avrebbero potuto controllare a lungo la situazione (Arrivarono persino a lasciare che un’assemblea domenicale applaudisse la loro politica di esclusione).

Ma come si suol dire, non si può nascondere la natura (e la realtà), che torna al galoppo. Fu così che nel 2018 alcuni fedeli decisero di venire a pregare ogni settimana con calma nella chiesa di Saint-Germain per far capire che esistevano: era partita l’ondata «math/7/7» «Bussate e vi sarà aperto».

Non si può immaginare quanto queste preghiere insistenti possano avere effetto sul cuore di Dio, attraverso le reazioni dei nemici della pace. Queste semplici preghiere hanno provocato grida di indignazione e urla isteriche, come se quei fedeli avessero profanato la chiesa.

La situazione era questa quando scoppiò la crisi del Covid. Lungi dall’interrompere la tenacia dei fedeli, essa li incoraggiò a raddoppiare l’ardore e, per la prima volta, nel giugno 2020, fu celebrata una messa tradizionale davanti alla cappella di Saint-Louis dell’antico ospedale di Saint-Germain-en-Laye. Quella messa riunì più di 150 fedeli e lasciò il segno: a Saint-Germain esistevano quindi davvero dei fedeli visibili, tangibili se così si può dire, che desideravano vivere la loro fede cattolica al ritmo della liturgia tradizionale.

Iniziarono così queste celebrazioni di messe «non autorizzate» che, ogni domenica e nei giorni festivi, d’estate come d’inverno, con il sole o con la pioggia, riunivano in media 100 fedeli (garantendo un’offerta di 250 € per celebrazione, cosa importante da far sapere ai responsabili del culto).

Non racconterò qui tutti i colpi bassi che sono stati tentati per porre fine a questa straordinaria situazione, poiché in realtà non sono serviti a nulla. I fedeli sono del resto grati alle autorità prefettizie, comunali e di polizia, interpellate dai nostri parroci, per aver mantenuto la calma e la serenità e per non essere mai intervenute in una questione strettamente interna alla Chiesa cattolica, che non turbava in alcun modo l’ordine pubblico.

Quello che è seguito è stato miracoloso ed esemplare. Nel febbraio 2023, ciò che fino ad allora era considerato impossibile è diventato parzialmente possibile: Mons. Crepy, il nuovo vescovo di Versailles, concesse finalmente l’istituzione di una messa tradizionale nella cappella delle Francescane di Saint-Germain, nonostante i termini dello sconcertante motu proprio Traditionis Custodes che, nel suo autismo, continuava a credere che i fedeli non esistessero e quindi che non avessero bisogni

Il miracolo fu che in una parrocchia, dove il clero affermava con forza da oltre 30 anni che i richiedenti non esistevano, si costituì una comunità che riunisce in media 150 fedeli.

Fu provvidenziale che alcuni fedeli della prima ora non accettassero una soluzione che giudicavano instabile e preferissero continuare a partecipare alla Messa all’esterno, davanti alla cappella dell’ospedale, fino all’instaurazione di un accordo completo, chiaro e leale, continuando a riunire, sia d’inverno che d’estate, una comunità media di 35 fedeli (con un’offerta media di 135 €) ...

Ma la storia non finisce qui, e come per vie indirette il dialogo che non era mai riuscito a instaurarsi pienamente e lealmente si realizzò all’improvviso, per grazia del Signore. I fedeli «fuori le mura», il parroco di Saint-Germain e il vicario generale della diocesi trovarono un terreno d’intesa tutto sommato piuttosto semplice: garantire la messa tutto l’anno (estate compresa), assicurare le «piccole feste» e consentire i battesimi e i funerali.

Da quel giorno le due comunità amiche si sono fuse, l’orario della Messa è passato dalle 11:30 alle 10:30, un orario più adatto alle famiglie, e ora sono in media più di 200 i fedeli che pregano in pace e comunione ogni domenica nella cappella delle Francescane.

Alcuni diranno che il caso di Saint-Germain è eccezionale.

Si sbagliano, perché nel 2007, quando Benedetto XVI pubblicò il motu proprio Summorum Pontificum, di cui oggi celebriamo il 19° anniversario, in Francia si fecero avanti più di 700 gruppi di richiedenti; sebbene ad oggi solo un centinaio di essi siano stati ascoltati, mentre gli altri si sono trovati davanti porte chiuse all’amore, alla carità e al dialogo.

Ma, diranno i più accaniti oppositori della pace, sono solo parole. A loro risponderemo: dal 1976 in Francia sono stati condotti più di 30 sondaggi tra le persone che si considerano cattoliche, per cercare di capire quali potessero essere le loro aspettative liturgiche nella Chiesa cattolica di oggi. I risultati forniscono risposte sorprendentemente costanti:

- Il 30% dei fedeli desidera vivere la propria fede cattolica nella propria parrocchia secondo il ritmo della liturgia tradizionale.

- Il 60%, che chiameremo i «cattolici di buon accoglimento», non vede alcuna obiezione alla richiesta dei precedenti.

- E solo il 10%, ovvero i sopravvissuti o i discendenti di coloro che ci hanno cacciato dalle nostre parrocchie negli anni ’60, vi si oppone…

Quindi sì, è chiaro che i fedeli hanno delle aspettative e che per loro è urgente e NECESSARIO che la Chiesa li ascolti e li ami.


 
 

¿QUÉ ES, PUES, EL ESTADO DE NECESIDAD PARA LOS FIELES?


UNA REFLEXIÓN DE CHRISTIAN MARQUANT

CON MOTIVO DEL 19.º ANIVERSARIO

DE LA PROMULGACIÓN DEL MOTU PROPRIO

SUMMORUM PONTIFICUM


Esta traducción se ha realizado mediante inteligencia artificial a partir de la versión original en francés adjunta a este documento. No dude en comunicarnos cualquier error que detecte

Hay un tema que rara vez mencionan tanto los canonistas como los teólogos, y aún menos los pastores: ¿tienen los fieles necesidades a las que la Iglesia no habría respondido?

Es cierto que, para responder a esta pregunta, primero habría que planteársela… lo cual no es sencillo en un mundo eclesiástico tan alejado de la realidad que, en la mayoría de los casos, ignora el «olor» de sus fieles, como decía el papa Francisco. Pero, ¿por qué? ¿Acaso debemos admitir que estos clérigos no son personas de poca inteligencia o incluso de inteligencia media?

La única respuesta que se me ocurre tras varias décadas de observación es la de la negación asumida. Entiendo por negación asumida la postura intelectual que se autoafirma con la certeza de que esos supuestos fieles necesitados (¡tradicionalistas, por supuesto!) simplemente no existen…

Es cierto que estos clérigos no son, sin embargo, tan tontos y son capaces de hacer algunos ejercicios mentales para salir del paso… Conocía especialmente bien a uno de ellos, monseñor Éric Aumônier, cuando era obispo de Versalles, que se había convertido en un maestro en este arte. Así es como podía repetir una y otra vez: «Claro que hay algunos de esos fieles que reclaman la misa tradicional, pero no son más que manipuladores, trotskistas que, con su agitación en grupúsculos, quieren hacernos creer que son muchos cuando en realidad no son nada: esa es la trampa en la que no debemos caer». ¡Sigan su camino, no hay nada que ver!

Por desgracia, esta postura intelectual se ha extendido como la pólvora por casi todo el mundo eclesiástico y ahora constituye allí una doxa indiscutible. Es también, y sobre todo, una certeza cómoda: dado que esos solicitantes no existen, no hay necesidad de encontrarse con ellos, de hablarles, de dialogar con ellos, de tenerlos en cuenta… ¡Uf, y Deo gratias!

Pero con el paso de los años, esta postura se vuelve cada vez más difícil de mantener. No solo ante las grandes concentraciones como la de Chartres, que para ellos sería más bien un ejemplo de manipulación de la juventud por parte de unos cuantos viejos reaccionarios, tal y como piensan la mayoría de los obispos franceses (recuerdo a uno de ellos repitiendo sin cesar ante la inmensa columna de peregrinos: «¡Manipulación! ¡Manipulación! ¡Manipulación…!»

Chartres, pero también, a partir de ahora, las decenas de concentraciones similares que tienen lugar en todas las provincias de Francia… y luego en Europa e incluso en el mundo con una magnitud cada vez mayor, por no hablar de la peregrinación internacional Summorum Pontificum a Roma. De hecho, cada vez resulta más difícil negar la realidad. Sin embargo, a los negacionistas de la realidad les queda un último recurso: que todas esas personas manipuladas en las grandes manifestaciones no se encuentren realmente sobre el terreno. En definitiva, se trata de una farsa montada de principio a fin, protagonizada por actores manipulados, y no por fieles que expresan las peticiones y necesidades de los fieles ante las circunstancias.

Sin embargo, hay numerosos ejemplos que contradicen esta última negación. Tomemos, por ejemplo, la petición de los fieles de Saint-Germain-en-Laye de poder disfrutar de una liturgia tradicional.

Su historia es más que ejemplar y se remonta a hace más de 35 años, en 1991, cuando un vicario general de Versalles acusó a la comunidad de Port-Marly de acoger en su seno (¡horresco referens!) a católicos procedentes de la parroquia de Saint-Germain-en-Laye… Lo cual, por cierto, era absolutamente cierto.

Así fue como varias de estas fieles se dirigieron, como es natural, a sus párrocos de Saint-Germain para solicitar una celebración tradicional en su propia parroquia, ya que al vicario general le parecía anormal que asistieran a una parroquia distinta de la suya. Pero la negación suele ser contradictoria, pues tras acusar a los feligreses de Saint-Germain de acudir a Port-Marly, los sucesivos párrocos de Saint-Germain negaron la existencia de esos fieles y, por tanto, la legitimidad de su petición.

De no ser por la perseverancia casi sobrenatural de unos católicos especialmente valientes —¿cómo olvidar a nuestro amigo Bertrand du Boullay, que en esta lucha recibió tantos insultos y desprecio?—, los negacionistas habrían podido controlar la situación durante mucho tiempo. (Llegaron incluso a permitir que una congregación dominical aplaudiera su política de exclusión).

Pero, como se suele decir, no se puede luchar contra la naturaleza (ni contra la realidad), que siempre vuelve al galope. Así, en 2018, algunos fieles decidieron acudir cada semana a rezar tranquilamente a la iglesia de Saint-Germain para dejar claro que existían: se puso en marcha la iniciativa «math/7/7» «Llamad y se os abrirá».

No nos podemos imaginar el efecto que estas oraciones persistentes pueden tener en el corazón de Dios, a través de las reacciones de los enemigos de la paz. Estas sencillas oraciones provocaron gritos de indignación y alaridos histéricos, como si estos fieles hubieran profanado la iglesia.

Así estaba la situación cuando estalló la crisis del covid. Lejos de frenar la tenacidad de los fieles, esta los animó a redoblar sus esfuerzos y, por primera vez, en junio de 2020, se celebró una misa tradicional frente a la capilla de San Luis del antiguo hospital de Saint-Germain-en-Laye. Esta misa reunió a más de 150 fieles y dejó huella: así pues, en Saint-Germain sí que había fieles visibles, tangibles si se me permite decirlo, que deseaban vivir su fe católica al ritmo de la liturgia tradicional.

Así comenzaron estas celebraciones de misas «espontáneas» que, cada domingo y en las fiestas, tanto en verano como en invierno, lloviera o hiciera sol, reunían a una media de 100 fieles (lo que garantizaba una colecta de 250 € por celebración, algo importante que deben saber los responsables del culto).

No voy a relatar aquí todas las artimañas que se intentaron para poner fin a esta extraordinaria situación, ya que, de hecho, no sirvieron de nada. Por otra parte, los fieles están agradecidos a las autoridades de la prefectura, municipales y policiales, a las que acudieron nuestros párrocos, por haber mantenido la calma y la serenidad y por no haber intervenido en ningún momento en un asunto estrictamente interno de la Iglesia católica, que no alteraba en absoluto el orden público.

Lo que siguió fue milagroso y ejemplar. En febrero de 2023, lo que hasta entonces se consideraba imposible se hizo parcialmente posible: Monseñor Crepy, el nuevo obispo de Versalles, autorizó por fin la celebración de una misa tradicional en la capilla de las franciscanas de Saint-Germain, a pesar de los términos del desconcertante motu proprio *Traditionis Custodes*, que, en su autismo, seguía creyendo que los fieles no existían y que, por lo tanto, no tenían necesidades

El milagro fue que, en una parroquia donde el clero llevaba más de treinta años afirmando con vehemencia que los solicitantes no existían, se constituyó una comunidad que reúne, de media, a 150 fieles.

Resultó providencial que algunos fieles de la primera hora no aceptaran una solución que consideraban inestable y prefirieran seguir asistiendo a misa al aire libre, frente a la capilla del hospital, hasta que se alcanzara un acuerdo completo, claro y leal, que siguiera reuniendo, tanto en invierno como en verano, a una comunidad de una media de 35 fieles (con una colecta media de 135 €)...

Pero la historia no acaba ahí, y como por caminos indirectos, el diálogo que nunca había podido establecerse de forma completa y leal se puso en marcha de repente y por la gracia del Señor. Los fieles «de fuera de los muros», el párroco de Saint-Germain y el vicario general de la diócesis encontraron un punto de acuerdo, en definitiva, bastante sencillo: garantizar la misa durante todo el año (incluido el verano), celebrar las «pequeñas fiestas» y permitir los bautizos y los funerales.

Desde aquel día, las dos comunidades amigas se han fusionado, el horario de la misa ha pasado de las 11:30 a las 10:30, un horario más familiar, y ahora son, de media, más de 200 fieles los que rezan en paz y comunión cada domingo en la capilla de las Franciscanas.

Algunos dirán que el caso de Saint-Germain es excepcional.

Se equivocarían, pues en 2007, cuando Benedicto XVI publicó el motu proprio Summorum Pontificum —cuyo 19.º aniversario celebramos hoy—, se dieron a conocer en Francia más de 700 grupos de solicitantes; aunque, hasta la fecha, solo se ha atendido a un centenar de ellos, mientras que los demás se han encontrado con las puertas cerradas al amor, la caridad y el diálogo.

Pero, dirán los más contrarios a la paz, todo esto no son más que palabras. Les responderemos: desde 1976 se han realizado en Francia más de 30 encuestas entre personas que se consideran católicas para intentar conocer cuáles podrían ser sus expectativas litúrgicas en la Iglesia católica actual. Los resultados ofrecen respuestas sorprendentemente constantes:

- El 30 % de los fieles desea vivir su fe católica en su parroquia siguiendo el ritmo de la liturgia tradicional.

- El 60 %, a quienes llamaremos «católicos de buena acogida», no ve ningún inconveniente en la petición de los anteriores.

- Y solo el 10 %, los supervivientes o descendientes de quienes nos expulsaron de nuestras parroquias en los años 60, se oponen a ello…

Así pues, sí, está claro que los fieles tienen expectativas y que, para ellos, es urgente y NECESARIO que la Iglesia los escuche y los ame.


 

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