Notre lettre 1349 publiée le 27 March 2026

LA RHÉTORIQUE DE VATICAN II

LE "DÉVOILEMENT" PROGRESSIF

D'UN VIRUS DIALECTIQUE MORTEL

UNE CHRONIQUE
DE PHILIPPE DE LABRIOLLE
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Dans la lettre de Paix Liturgique n° 1347 l'abbé Claude Barthe s'emploie avec art à circonscrire l'esprit et la lettre de la rupture contenue dans les chapitres 21 à 27 de la Constitution Dogmatique Lumen Gentium du concile Vatican IL Plus précisément encore, il s'agit, encore de nos jours, de comprendre l'extraordinaire implosion magistérielle et juridique qui a laissé détruire la Chrétienté résiduelle des pays catholiques, plutôt que d'en favoriser un regain de bon aloi. Et de discerner la cause profonde de ce désastre perpétuellement dénié par des épiscopats qui, oubliant qu'ils en seront comptables devant Dieu, se refusent, au nom de Vatican II, à s'en affliger.

L'effet d'annonce de la FSSPX, à propos de sacres épiscopaux début juillet 2026, est une invitation faite au pape Léon XIV à valider ces prochains sacres, plutôt qu'à s'en irriter. Il s'agit d'ordonner des évêques certainement catholiques, pour que ceux-ci ordonnent à leur tour des prêtres certainement catholiques. N'y a-t-il pas là, pour un pape en exercice, une joie sans mélange à partager d'un cœur animé du seul zèle missionnaire ?

Le pape régnant est il prêt à dévoiler son cœur, à la façon de Célimène, pressée en cela par Alceste, qui entend qu'elle le suive au désert et renonce, pour lui, au monde frivole. L'aimée, on le sait, voulant l'aimé sans renoncer au monde, renonce à l'aimé trop exigeant. Léon XIV, qui a plié devant les exigences de la Chine communiste, va-t-il valider des évêques désignés unilatéralement sur leur catholicité, et pourquoi pas les six évêques sacrés par Mgr Williamson, tous contestant la prétendue autorité du Concile Vatican II ?

Ce que l'état de nécessité inclut pour légitimer ce concept juridique n'est pas en contradiction avec le code de Droit Canonique de 1983, puisque la priorité du Salut des âmes leur est commune. La question n'est plus de savoir si un évêque doté d'un pouvoir de juridiction géographique est identifiable et accessible, mais si ce dernier, aux dires de Lumen Gentium « successeur et délégué du Christ » conserve son pouvoir de juridiction, donc son pouvoir d'ordre, s'il veut rester fidèle au Christ plutôt qu'au pape régnant. C'est la question que l'abbé Barthe soulève, de facto, en notant avec sagacité que le pouvoir propre, ordinaire et immédiat défini par LG27, s'il est reçu du Christ directement avec l'accord de l'« autorité suprême de l'Église », n'en est pas moins soumis au Vicaire du Christ pour s'exercer valablement. Ainsi l'évêque dispose d'un pouvoir « propre » mais conditionné, malgré ou à cause de son extension à l'Église entière, au bon plaisir du pape régnant et de sa religion personnelle. Qui donne et qui reprend est le fils de Satan, disait-on naguère.

Tout fidèle refusant mordicus l'hypothèse d'école d'un vicaire du Christ infidèle au Christ, et s'indignerait donc d'une telle conjecture, ne saurait lire sans émotion la réponse du Cardinal Re à Mgr Vigano, lequel, excommunié en 2024, rencontrait Son Éminence face à face le 27 janvier dernier, et l'entendait s'exprimer ainsi : « Nous devons obéir au Pape, même si le Pape n'obéit plus au Seigneur ». Ainsi, le Cardinal qui a assez de lucidité pour voir que le Pape régnant n'obéit plus au Seigneur, entend maintenir l'obéissance du fidèle au Vicaire, malgré la trahison du Vicaire.

Face à cette aberration, qui maintient l'obéissance inconditionnelle malgré l'injustice du Vicaire vis à vis du Christ, dont la désobéissance est actée mais sans effet dirimant, c'est la logique des moutons de Panurge, mortifère s'il en est, qui se profile. C'est Pantagruel contre Saint Paul, et son anathème contre toute « révélation nouvelle » troublant la Foi des simples. Telle est pourtant la logique de LG 27, quelles que soient les pondérations que contient ce même chapitre pour servir d'excipient. Cette logique, la voici : l'évêque de Rome est le seul évêque d'exercice inconditionnel. Tous les évêques ayant juridiction territoriale sont astreints, sous couvert de communion, à la soumission inconditionnelle. Tout évêque dissonant est exposé à perdre sa juridiction géographique, qu'il soit démis ou qu'il se démette. Il ne reste au réprouvé que la juridiction ordinale, inamovible mais qui peut être interdite. C'est la seule juridiction requise par la FSSPX, qui tient l'interdiction possible comme la preuve de l'errance romaine, et l'état de nécessité comme un corollaire de la probable interdiction romaine.

L' abbé Barthe montre sans peine le contre-pied conciliaire vis à vis de la théologie épiscopale rappelée de façon réitérée par Pie XII. L a promotion conciliaire des évêques, dont la juridiction territoriale ou fonctionnelle devient la métonymie, ou plus simplement le talon d'Achille, de chacun au sein d'une communion hypostasiée aux dimensions de l'Église toute entière les astreint à une parole commune, et une seule, celle que le pape régnant agrée. Ainsi, l'effrayant virus conciliaire est il parvenu à détourner l'action missionnaire et salutaire du noyau vital de l'Église en le mettant au service de la fraternité universelle, cette Babel des « monothéismes » qui efface le visage du Christ Rédempteur, unique chemin de Voie, de Vérité, de Vie éternelle. Un jeu pervers entre actualité et virtualité de chaque « Grandeur », souhaitant persévérer dans l'être, rappelle à chaque Ordinaire la maxime d' André Gide sur l'URSS, en 1937 : « Pour être heureux, soyez conformes ! »

Il n'est pas surprenant que les Fraternités traditionnelles, dont l'existence légalisée, ou plus exactement tolérée, n'eût pas été effective sans les sacres de 1988, et dont certaines récusent la moindre dette à ce sujet au risque d'une mythologie contestable, ne se tourmentent d'anticiper un choix coûteux entre la chèvre et le chou. Entre leur fidélité à l'Église de toujours, de récompense différée, et la dragée haute d'un silence imposé sur le drame que vit l'Église Catholique depuis le funeste Vatican II, rétribué au jour le jour, fût-ce chichement, par l'Ordinaire local. Pour les fidèles dignes de ce nom, soldats du Christ et non gardes suisses, une clarification s'annonce, que bien des affres vont précéder. Pour faire monter le stress, Rame, selon sa logique « virale », ne fera rien d'autre que ce que Rame fait depuis 1962, à savoir défier les hommes de bonne volonté de continuer à penser comme l'Église de toujours les a formés, au risque de la dhimmitude des esprits rétifs à la doxa conciliaire. Rame reste la maitresse des sanctions, aussi abusives soient-elles.

Concéder la paix au communisme chinois, c'est accentuer la clandestinité douloureuse des catholiques chinois fidèles au Christ, dont la voix est courageuse mais faible en décibels. A contrario, dédramatiser l' abcès de fixation lefebvriste, c'est aviver la colère des épiscopats conciliaires qui sont fiers d'avoir abattu la Contre-Réforme au Concile, et, certains de disposer d'un Pape à leur goût, rêvent d'une Cité de la terre, où la concorde générale, l'ennemi traditionnel enfin neutralisé, permettra de jouir des plaisirs de la terre, au nom de l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu. De cet hybris, ils resteront comptable devant Dieu, le jour venu. Dies irae, dies illa ...

Grace à l'abbé Barthe, on comprend mieux les raisons du collapsus magistériel de l'après concile. Élevés de terre, et hypostasiés dans un épiscopat ubiquitaire, chaque évêque selon LG 27 a perdu dans cette promotion-éviction, le droit canonique à une parole propre et responsable. N'est ce pas la légitimation la plus évidente du fameux état de nécessité ?


 

THE RHETORIC OF VATICAN II

THE GRADUAL “REVEALATION”

OF A DEADLY DIALECTICAL VIRUS

A COLUMN
BY PHILIPPE DE LABRIOLLE
 

In the letter from *Paix Liturgique* No. 1347, Father Claude Barthe skillfully sets out to define the spirit and letter of the rupture contained in chapters 21 through 27 of the Dogmatic Constitution *Lumen Gentium* of the Second Vatican Council. More precisely, it is still a matter, even today, of understanding the extraordinary magisterial and juridical implosion that allowed the residual Christianity of Catholic countries to be destroyed, rather than fostering a genuine revival. And to discern the root cause of this disaster, perpetually denied by episcopates who, forgetting that they will be held accountable before God, refuse, in the name of Vatican II, to grieve over it.

The FSSPX’s announcement regarding episcopal consecrations in early July 2026 is an invitation to Pope Leo XIV to validate these upcoming consecrations, rather than to take offense at them. The aim is to ordain bishops who are certainly Catholic, so that they in turn may ordain priests who are certainly Catholic. Is there not here, for a reigning pope, an unadulterated joy to be shared from a heart animated solely by missionary zeal?

Is the reigning pope ready to lay bare his heart, in the manner of Célimène, pressed in this by Alceste, who wants her to follow him into the desert and renounce, for his sake, the frivolous world? The beloved, as we know, wanting the beloved without renouncing the world, renounces the beloved who is too demanding. Will Leo XIV, who yielded to the demands of Communist China, validate bishops unilaterally designated as Catholic, and why not the six bishops consecrated by Bishop Williamson, all of whom contest the alleged authority of the Second Vatican Council?

What the state of necessity entails to legitimize this legal concept is not in contradiction with the 1983 Code of Canon Law, since the priority of the salvation of souls is common to both. The question is no longer whether a bishop endowed with geographical jurisdiction is identifiable and accessible, but whether the latter, according to Lumen Gentium, as “successor and delegate of Christ,” retains his power of jurisdiction—and thus his power of order—if he wishes to remain faithful to Christ rather than to the reigning pope. This is the question that Father Barthe raises, de facto, by astutely noting that the proper, ordinary, and immediate power defined by LG 27, while received directly from Christ with the consent of the “supreme authority of the Church,” is nonetheless subject to the Vicar of Christ in order to be validly exercised. Thus the bishop possesses a “proper” power that is nonetheless conditioned—despite or because of its extension to the entire Church—to the good pleasure of the reigning pope and his personal religion. “He who gives and takes away is the son of Satan,” as the saying once went.

Any faithful person who categorically rejects the academic hypothesis of a Vicar of Christ who is unfaithful to Christ—and who would therefore be outraged by such a conjecture—cannot read without emotion Cardinal Re’s response to Bishop Vigano, who, having been excommunicated in 2024, met His Eminence face to face on January 27 of this year and heard him say: “We must obey the Pope, even if the Pope no longer obeys the Lord.” Thus, the Cardinal, who possesses sufficient clarity to see that the reigning Pope no longer obeys the Lord, intends to maintain the faithful’s obedience to the Vicar, despite the Vicar’s betrayal.

Faced with this aberration—which maintains unconditional obedience despite the Vicar’s injustice toward Christ, whose disobedience is acknowledged yet without diriment effect—it is the logic of Panurge’s sheep, deadly if ever there was one, that looms large. It is Pantagruel against Saint Paul, and his anathema against any “new revelation” that disturbs the faith of the simple. Such, however, is the logic of LG 27, whatever qualifications that same chapter may contain to serve as a pretext. This logic is as follows: the Bishop of Rome is the only bishop with unconditional jurisdiction. All bishops with territorial jurisdiction are bound, under the guise of communion, to unconditional submission. Any dissenting bishop risks losing his territorial jurisdiction, whether he is removed or resigns. All that remains to the reprobate is ordinal jurisdiction, which is irremovable but may be prohibited. This is the only jurisdiction required by the SSPX, which regards the possibility of prohibition as proof of Roman error, and the state of necessity as a corollary of probable Roman prohibition.

Abbé Barthe easily demonstrates the Council’s departure from the episcopal theology repeatedly emphasized by Pius XII. The Council’s promotion of bishops—whose territorial or functional jurisdiction becomes the metonymy, or more simply the Achilles’ heel, of each one within a hypostatized communion encompassing the entire Church—compels them to a common and singular voice, that which the reigning pope approves. Thus, the terrifying conciliar virus has succeeded in diverting the missionary and salvific action of the vital core of the Church by placing it at the service of universal brotherhood, that Babel of “monotheisms” which erases the face of Christ the Redeemer, the one and only Way, Truth, and eternal Life. A perverse interplay between the actuality and virtuality of every “Greatness,” wishing to persevere in being, reminds every Ordinary of André Gide’s maxim regarding the USSR in 1937: “To be happy, conform!

It is not surprising that the traditional Fraternities—whose legalized, or more accurately tolerated, existence would not have been effective without the 1988 consecrations, and some of which deny any debt in this regard at the risk of a questionable mythology—are tormented by the prospect of a costly choice between a rock and a hard place. Between their fidelity to the Church of all time, with its deferred reward, and the bitter pill of an imposed silence regarding the drama the Catholic Church has been experiencing since the disastrous Second Vatican Council—a silence rewarded day by day, albeit meagerly, by the local Ordinary. For the faithful worthy of the name—soldiers of Christ and not Swiss Guards—a clarification is on the horizon, though many torments will precede it. To ramp up the stress, Rame, following his “viral” logic, will do nothing other than what Rame has been doing since 1962: challenging men of good will to continue thinking as the Church of all time has formed them, at the risk of subjugation for minds resistant to the conciliar dogma. Rame remains the master of sanctions, however abusive they may be.


 
 

LA RETORICA DEL VATICANO II

LA “RIVELAZIONE” PROGRESSIVA

DI UN VIRUS DIALETTICO MORTALE

UNA RUBRICA
DI PHILIPPE DE LABRIOLLE
 

Nella lettera di «Paix Liturgique» n. 1347, l’abate Claude Barthe si impegna con maestria a delineare lo spirito e la lettera della rottura contenuta nei capitoli dal 21 al 27 della Costituzione dogmatica Lumen Gentium del Concilio Vaticano II. Più precisamente, si tratta, ancora oggi, di comprendere la straordinaria implosione magisteriale e giuridica che ha permesso la distruzione della cristianità residua nei paesi cattolici, anziché favorirne una rinascita autentica. E di discernere la causa profonda di questo disastro perennemente negato da episcopati che, dimenticando che ne saranno chiamati a rispondere davanti a Dio, si rifiutano, in nome del Vaticano II, di affliggersi per esso.

L'annuncio della FSSPX, riguardo alle ordinazioni episcopali all'inizio di luglio 2026, è un invito rivolto a papa Leone XIV a convalidare queste prossime ordinazioni, piuttosto che irritarsene. Si tratta di ordinare vescovi certamente cattolici, affinché questi a loro volta ordinino sacerdoti certamente cattolici. Non c'è forse qui, per un papa in carica, una gioia senza miscuglio da condividere con un cuore animato dal solo zelo missionario?

Il papa regnante è pronto a svelare il suo cuore, alla maniera di Célimène, sollecitata in questo da Alceste, che vuole che lei lo segua nel deserto e rinunci, per lui, al mondo frivolo. L'amata, come si sa, volendo l'amato senza rinunciare al mondo, rinuncia all'amato troppo esigente. Leone XIV, che ha ceduto alle richieste della Cina comunista, convaliderà i vescovi designati unilateralmente sulla loro cattolicità, e perché no i sei vescovi consacrati da mons. Williamson, tutti contestatori della presunta autorità del Concilio Vaticano II?

Ciò che lo stato di necessità include per legittimare questo concetto giuridico non è in contraddizione con il Codice di Diritto Canonico del 1983, poiché la priorità della salvezza delle anime è comune a entrambi. La questione non è più quella di sapere se un vescovo dotato di potere di giurisdizione geografica sia identificabile e accessibile, ma se quest'ultimo, secondo quanto afferma la Lumen Gentium «successore e delegato di Cristo», conservi il suo potere di giurisdizione, quindi il suo potere di ordine, se vuole rimanere fedele a Cristo piuttosto che al papa regnante. È la questione che l’abate Barthe solleva, di fatto, osservando con sagacia che il potere proprio, ordinario e immediato definito da LG 27, se ricevuto direttamente da Cristo con il consenso della «suprema autorità della Chiesa», non è per questo meno soggetto al Vicario di Cristo per essere validamente esercitato. Così il vescovo dispone di un potere «proprio» ma condizionato, nonostante o a causa della sua estensione all’intera Chiesa, al beneplacito del papa regnante e alla sua fede personale. Chi dà e chi riprende è il figlio di Satana, si diceva un tempo.

Ogni fedele che rifiuta categoricamente l'ipotesi accademica di un vicario di Cristo infedele a Cristo, e che quindi si indignerebbe per una tale congettura, non potrebbe leggere senza commozione la risposta del Cardinale Re a Mons. Vigano, il quale, scomunicato nel 2024, ha incontrato Sua Eminenza faccia a faccia lo scorso 27 gennaio, e lo ha sentito esprimersi così: «Dobbiamo obbedire al Papa, anche se il Papa non obbedisce più al Signore». Così, il Cardinale, che ha abbastanza lucidità per vedere che il Papa regnante non obbedisce più al Signore, intende mantenere l’obbedienza del fedele al Vicario, nonostante il tradimento del Vicario.

Di fronte a questa aberrazione, che mantiene l’obbedienza incondizionata nonostante l’ingiustizia del Vicario nei confronti di Cristo, la cui disobbedienza è accertata ma senza effetto dirimente, si profila la logica delle pecore di Panurgo, mortifera se mai ce n’è stata una. È Pantagruel contro San Paolo, e il suo anatema contro ogni «nuova rivelazione» che turba la fede dei semplici. Tale è tuttavia la logica di LG 27, indipendentemente dalle ponderazioni contenute in questo stesso capitolo per fungere da eccipiente. Ecco questa logica: il vescovo di Roma è l’unico vescovo con giurisdizione incondizionata. Tutti i vescovi aventi giurisdizione territoriale sono tenuti, sotto il pretesto della comunione, alla sottomissione incondizionata. Ogni vescovo dissidente rischia di perdere la propria giurisdizione geografica, sia che venga destituito sia che si dimetta. Al riprovato non resta che la giurisdizione ordinale, inamovibile ma che può essere interdetta. È l'unica giurisdizione richiesta dalla FSSPX, che considera la possibile interdizione come prova dell'errore romano, e lo stato di necessità come corollario della probabile interdizione romana.

L'abate Barthe evidenzia senza difficoltà la posizione contraria del Concilio rispetto alla teologia episcopale ripetutamente ribadita da Pio XII. La promozione conciliare dei vescovi, la cui giurisdizione territoriale o funzionale diventa la metonimia, o più semplicemente il tallone d'Achille, di ciascuno all'interno di una comunione ipostatizzata alle dimensioni dell'intera Chiesa, li costringe a una parola comune, e unica, quella che il papa regnante approva. Così, il terrificante virus conciliare è riuscito a sviare l’azione missionaria e salvifica del nucleo vitale della Chiesa mettendola al servizio della fraternità universale, quella Babele dei «monoteismi» che cancella il volto di Cristo Redentore, unica Via, Verità e Vita eterna. Un gioco perverso tra attualità e virtualità di ogni «Grandezza», desiderosa di perseverare nell’essere, ricorda a ogni Ordinario la massima di André Gide sull’URSS, nel 1937: «Per essere felici, siate conformi

Non sorprende che le Fraternità tradizionali, la cui esistenza legalizzata, o più esattamente tollerata, non sarebbe stata effettiva senza le consacrazioni del 1988, e alcune delle quali negano qualsiasi debito al riguardo a rischio di una mitologia discutibile, si tormentino nell’anticipare una scelta costosa tra l’incudine e il martello. Tra la loro fedeltà alla Chiesa di sempre, dalla ricompensa differita, e il rifiuto di un silenzio imposto sul dramma che la Chiesa cattolica sta vivendo dal funesto Vaticano II, ricompensato giorno per giorno, anche se misero, dall’Ordinario locale. Per i fedeli degni di questo nome, soldati di Cristo e non guardie svizzere, si profila un chiarimento, che sarà preceduto da molte angosce. Per aumentare lo stress, Rame, secondo la sua logica «virale», non farà altro che ciò che Rame fa dal 1962, ovvero sfidare gli uomini di buona volontà a continuare a pensare come la Chiesa di sempre li ha formati, a rischio della dhimmitudine degli spiriti refrattari alla doxa conciliare. Rame rimane la padrona delle sanzioni, per quanto abusive esse siano.


 
 

LA RETÓRICA DEL VATICANO II

LA «REVELACIÓN» PROGRESIVA

DE UN VIRUS DIALÉCTICO MORTAL

UNA CRÓNICA
DE PHILIPPE DE LABRIOLLE
 

En la carta de Paix Liturgique n.º 1347, el abad Claude Barthe se esfuerza con maestría por definir el espíritu y la letra de la ruptura contenida en los capítulos 21 a 27 de la Constitución dogmática Lumen Gentium del Concilio Vaticano II. Más concretamente aún, se trata, aún hoy en día, de comprender la extraordinaria implosión magisterial y jurídica que ha permitido la destrucción de la cristiandad residual de los países católicos, en lugar de favorecer un renacimiento de buena fe. Y de discernir la causa profunda de este desastre perpetuamente negado por unos episcopados que, olvidando que tendrán que rendir cuentas ante Dios, se niegan, en nombre del Vaticano II, a afligirse por ello.

El efecto del anuncio de la FSSPX, en relación con las consagraciones episcopales a principios de julio de 2026, es una invitación dirigida al papa León XIV para que valide estas próximas consagraciones, en lugar de irritarse por ellas. Se trata de ordenar obispos ciertamente católicos, para que estos, a su vez, ordenen sacerdotes ciertamente católicos. ¿No hay ahí, para un papa en ejercicio, una alegría sin mezcla que compartir con un corazón animado únicamente por el celo misionero?

¿Está dispuesto el papa reinante a desnudar su corazón, a la manera de Célimène, presionada en ello por Alceste, quien quiere que ella le siga al desierto y renuncie, por él, al mundo frívolo? La amada, como sabemos, queriendo al amado sin renunciar al mundo, renuncia al amado demasiado exigente. León XIV, que cedió ante las exigencias de la China comunista, ¿va a validar a obispos designados unilateralmente en cuanto a su catolicidad, y por qué no a los seis obispos consagrados por Mons. Williamson, todos ellos que cuestionan la supuesta autoridad del Concilio Vaticano II?

Lo que el estado de necesidad incluye para legitimar este concepto jurídico no contradice el Código de Derecho Canónico de 1983, ya que la prioridad de la salvación de las almas les es común. La cuestión ya no es saber si un obispo dotado de poder de jurisdicción geográfica es identificable y accesible, sino si este último, según Lumen Gentium, «sucesor y delegado de Cristo», conserva su poder de jurisdicción, y por tanto su poder de orden, si quiere permanecer fiel a Cristo más que al papa reinante. Esta es la cuestión que plantea, de facto, el abad Barthe, al señalar con sagacidad que el poder propio, ordinario e inmediato definido por LG 27, si bien se recibe directamente de Cristo con el consentimiento de la «autoridad suprema de la Iglesia», no deja de estar sometido al Vicario de Cristo para poder ejercerse válidamente. Así, el obispo dispone de un poder «propio» pero condicionado, a pesar de —o debido a— su extensión a toda la Iglesia, al beneplácito del papa reinante y a su religión personal. Quien da y quien quita es el hijo de Satanás, se decía antaño.

Todo fiel que rechace rotundamente la hipótesis académica de un vicario de Cristo infiel a Cristo, y que por tanto se indignara ante tal conjetura, no podría leer sin emoción la respuesta del cardenal Re a monseñor Vigano, quien, excomulgado en 2024, se reunió cara a cara con Su Eminencia el pasado 27 de enero y le oyó expresarse así: «Debemos obedecer al Papa, aunque el Papa ya no obedezca al Señor». Así, el cardenal, que tiene la lucidez suficiente para ver que el Papa reinante ya no obedece al Señor, pretende mantener la obediencia del fiel al Vicario, a pesar de la traición del Vicario.

Ante esta aberración, que mantiene la obediencia incondicional a pesar de la injusticia del Vicario frente a Cristo, cuya desobediencia está constatada pero sin efecto dirimente, se perfila la lógica de las ovejas de Panurgo, mortífera donde las haya. Es Pantagruel contra San Pablo, y su anatema contra toda «revelación nueva» que perturbe la fe de los sencillos. Tal es, sin embargo, la lógica de LG 27, sean cuales sean las matizaciones que contenga ese mismo capítulo para servir de excipiente. Esta lógica es la siguiente: el obispo de Roma es el único obispo con ejercicio incondicional. Todos los obispos con jurisdicción territorial están obligados, bajo el pretexto de la comunión, a la sumisión incondicional. Todo obispo disidente se expone a perder su jurisdicción geográfica, ya sea destituido o dimita. Al reprovado solo le queda la jurisdicción ordinal, inamovible pero susceptible de ser prohibida. Es la única jurisdicción exigida por la FSSPX, que considera la posible prohibición como prueba del extravío romano, y el estado de necesidad como corolario de la probable prohibición romana.

El abad Barthe pone de manifiesto sin dificultad la postura contraria del Concilio respecto a la teología episcopal reiterada en numerosas ocasiones por Pío XII. La promoción conciliar de los obispos, cuya jurisdicción territorial o funcional se convierte en la metonimia, o más sencillamente en el talón de Aquiles, de cada uno dentro de una comunión hipostatizada a las dimensiones de toda la Iglesia, los obliga a una palabra común, y única, aquella que aprueba el papa reinante. Así, el aterrador virus conciliar ha logrado desviar la acción misionera y salvífica del núcleo vital de la Iglesia, poniéndola al servicio de la fraternidad universal, esa Babel de los «monoteísmos» que borra el rostro de Cristo Redentor, único camino, verdad y vida eterna. Un juego perverso entre la actualidad y la virtualidad de cada «Grandeza», deseosa de perseverar en el ser, recuerda a cada Ordinario la máxima de André Gide sobre la URSS, en 1937: «¡Para ser felices, sed conformes!».

No es de extrañar que las Fraternidades tradicionales, cuya existencia legalizada —o, más exactamente, tolerada— no habría sido efectiva sin las consagraciones de 1988, y de las cuales algunas rechazan cualquier deuda al respecto a riesgo de caer en una mitología cuestionable, se angustien ante la perspectiva de una costosa elección entre la espada y la pared. Entre su fidelidad a la Iglesia de siempre, de recompensa diferida, y el alto precio de un silencio impuesto sobre el drama que vive la Iglesia Católica desde el funesto Vaticano II, retribuido día a día, aunque sea escasamente, por el Ordinario local. Para los fieles dignos de ese nombre, soldados de Cristo y no guardias suizos, se avecina una aclaración, a la que precederán muchos tormentos. Para aumentar la tensión, Rame, según su lógica «viral», no hará otra cosa que lo que Rame lleva haciendo desde 1962, a saber, desafiar a los hombres de buena voluntad a seguir pensando como la Iglesia de siempre les ha formado, a riesgo de la dhimmitud de los espíritus rebeldes a la doxa conciliar. Rame sigue siendo la dueña de las sanciones, por abusivas que sean.

Conceder la paz al comunismo chino es acentuar la dolorosa clandestinidad de los católicos chinos fieles a Cristo, cuya voz es valiente pero débil en decibelios. Por el contrario, restar importancia al absceso de la fijación lefebvriana es avivar la ira de los episcopados conciliares que se enorgullecen de haber derribado la Contrarreforma en el Concilio y, seguros de disponer de un Papa a su gusto, sueñan con una Ciudad de la tierra, donde la concordia general, el enemigo tradicional por fin neutralizado, permita disfrutar de los placeres de la tierra, en nombre del amor propio hasta el desprecio de Dios. De esta hybris, rendirán cuentas ante Dios, cuando llegue el día. Dies irae, dies illa...

Gracias al abad Barthe, se comprenden mejor las razones del colapso magisterial de la posconciliaridad. Elevados por encima de la tierra e hipostatizados en un episcopado ubicuo, cada obispo, según LG 27, ha perdido en esta promoción-expulsión el derecho canónico a una palabra propia y responsable. ¿No es esta la legitimación más evidente del famoso estado de necesidad?


 

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